Je suis bien contente d'arriver à ce point de notre voyage. Premier point, je caresse l'espoir de terminer le récit de nos vacances 2015 avant celles de 2016. Mais surtout, je vais pouvoir vous parler d'une belle découverte qui me tient à coeur (les initiés auront déjà tout compris).

Arezzo : on y allait essentiellement pour les fresques de Piero della Francesca, qui se trouvent dans la chapelle Bacci de l'Eglise San Francesco. Je me souviens que toujours cette même année où j'ai fait un peu d'histoire de l'art, on avait étudié ces fresques, je les avais trouvées superbes. Je les imaginais en soubassement d'une chapelle perdue dans un village paumé d'Italie ! Une fois effacée cette vision, Arezzo est une ville (de 100.000 habitants, so much pour le village paumé) fortifiée, d'autant plus agréable que l'on en attendait pas forcément grand chose à part ces fresques devant lesquelles j'aurais volontiers passé une bonne après midi.

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DSCN4517C'est beau, non ?

On a aussi beaucoup aimé l'église Santa Maria della Pieve, dépouillée et un poil étrange avec son campanile "aux cent trous";

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Après cette petite balade, on s'est dirigé vers Cortona, que nos voisins de petit déjeuner nous avaient vivement conseillée. Petite ville escarpée, un enchevêtrement de petites ruelles et d'escaliers, c'est vraiment charmant (et j'en ai pris très peu de photos, car c'est une ambiance, et on a beaucoup marché).

DSCN4542L'art tient une place de choix à Cortona. Curieusement, le "musée de l'Académie Étrusque" ne rencontre pas beaucoup de suffrages chez les Titoubrun ...

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Et puis au détour d'une ruelle, on passe devant une galerie, avec à l'extérieur un tableau magnifique. La mer, le ciel, une profondeur qui appelle à la contemplation ; des couleurs splendides, un truc dingue, en fait. Tout ce que je préfère dans la peinture. Claire tombe en arrêt en même temps que moi. En cherchant un glacier on repasse devant... La 3e fois, papa Titoubrun a pitié et nous dit "non, mais allez-y les filles, si vous voulez entrer" (en fait, je pense qu'il a accroché autant que nous).

Et là, c'est le choc : des tableaux tous plus incroyables les uns que les autres. Parfois, on se demande si on regarde une photo, on se perd dans les tableaux qui représentent des troncs d'arbres dans lesquels la lumière semble se faufiler, et nous échapper. On est happé par chaque tableau, on s'y plonge, avec délice, comme si on avait l'impression de toucher un bout d'âme, comme si chaque tableau nous offrait une opportunité unique de comprendre un mystère insondable. En peinture, je suis particulièrement sensible aux peintres qui ont tenté de capter la lumière. Certaines oeuvres de Turner, Whistler, Strindberg, Caspar von Friedrich : mon panthéon pictural personnel. Même émotion en découvrant et en regardant les tableaux de Roberto Ghezzi. Ce n'est pas si fréquent. FRANCHEMENT, c'est même grave super f***ng rare ! Je ne sais pas combien de temps on est resté dans la galerie parce qu'il s'y est suspendu, et ce n'est pas une figure de style, c'est exactement ce qui s'est passé. Et puis, parce qu'il fallait bien s'en aller, et parce qu'au vu du chargement familial, on ne pouvait décemment pas ramener une toile, on repart avec le catalogue de l'exposition, contre mauvaise fortune bon coeur. Signe qui ne trompe pas : des islandais en vacances qui doivent voyager plus légèrement sont en train de choisir un tableau.

Depuis, j'ai eu une belle occasion de recontacter Roberto, et ce n'est pas qu'un artiste au talent immense, c'est aussi quelqu'un qui m'apparaît comme étant profondément gentil, humain. Amoureux fou de la nature, amateur de terres gelées, et super humble en fait. Une belle personne comme diraient les petits mouchoirs (n'empêche que ça s'applique bien dans le cas présent).

Alors je vous laisse découvrir son travail ici : http://www.robertoghezzi.it/ dont voici un petit aperçu en images ...

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En ce moment, Roberto expose à Montepulciano, dans un lieu dont je vous parlerai dans deux posts, et que l'on avait adoré : la Fortezza Medicea...